Le guide
Retraite à l'étranger : ce qu'il faut savoir avant de décider
Un peu plus d'un million de retraités du régime général perçoivent leur pension hors de France, selon la CNAV. Le Portugal, l'Espagne, le Maroc, l'Italie, la Belgique et la Suisse figurent parmi les destinations les plus courantes, pour des raisons très différentes : coût de la vie, climat, proximité familiale ou fiscalité. Voici les repères essentiels.
Votre pension vous suit, à trois conditions
La pension française est versée dans le monde entier. Vous devez signaler votre changement d'adresse à chaque caisse (régime de base et complémentaire), fournir chaque année un certificat de vie, désormais possible en ligne pour de nombreux pays, et accepter que le montant en monnaie locale varie avec le taux de change hors zone euro. Rien de tout cela ne réduit vos droits.
Les impôts : une seule fois, mais où ?
La France a signé des conventions fiscales avec la plupart des pays d'accueil pour éviter la double imposition. Le principe général : les pensions du secteur privé sont imposées dans le pays de résidence, les pensions de la fonction publique restent imposées en France. Mais chaque convention a ses règles, et certains régimes attractifs ont été modifiés ces dernières années. C'est le point à vérifier avec le service des impôts des non-résidents avant de partir, jamais après.
Le point à retenir : personne ne peut vous promettre « zéro impôt ». Celui qui le fait vend quelque chose. Le seul document qui compte est la convention fiscale entre la France et le pays choisi, consultable sur impots.gouv.fr.
La santé : le poste qu'on sous-estime
Dans l'Union européenne, un retraité français peut demander le formulaire S1 qui lui ouvre les droits au système de santé local, pris en charge par la France. Hors Europe, l'assurance maladie française ne vous couvre plus : il faut adhérer à la Caisse des Français de l'Étranger, souscrire une assurance privée, ou compter sur le système local. À 70 ans, ce budget peut atteindre plusieurs centaines d'euros par mois. Il doit entrer dans le calcul dès le départ.
Le logement : louer avant d'acheter
L'erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse, est d'acheter au premier voyage. Un quartier en juillet n'est pas un quartier en janvier. Une location d'un an permet de tester le climat, les voisins, les distances, les soins, et de connaître les prix réels. Quant à votre bien en France, le louer permet de garder un pied-à-terre et un revenu ; le vendre peut avoir des conséquences fiscales selon votre pays de résidence.
Les pièges qui reviennent
- Le promoteur ou le « conseiller » qui presse de signer une réservation immobilière avant la fin du séjour
- Le régime fiscal « avantageux » présenté comme définitif alors qu'il a été réformé
- L'assurance santé souscrite au rabais, qui exclut les maladies déjà connues
- Le départ sans plan de retour : logement vendu, droits non anticipés, éloignement de la famille sous-estimé
Sources : CNAV (retraités résidant à l'étranger, 2024), lassuranceretraite.fr (certificat de vie, pension à l'étranger), impots.gouv.fr (conventions fiscales, non-résidents), cfe.fr, CLEISS (formulaire S1). Règles et montants à vérifier au moment de votre décision.